Starmer face au Brexit: Stratégies pour apaiser sans aliéner les eurosceptiques!

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Par : Claire Leblanc

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Tandis que le Premier ministre britannique se prépare à un sommet avec l’UE à Londres ce lundi, il cherche à revitaliser les liens tout en contournant les critiques internes et les tensions internationales.

En amont d’un sommet décisif avec l’Union européenne, le Premier ministre britannique, Keir Starmer, est confronté à un défi majeur : consolider les relations avec les 27 membres de l’UE tout en esquivant les attaques de l’extrême droite eurosceptique et anti-immigration. C’est un véritable jeu d’équilibriste qui se joue tant au niveau national qu’international.

Lundi prochain, Keir Starmer accueillera à Londres Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, et Antonio Costa, président du Conseil européen, pour un sommet sans précédent. L’objectif est de débuter un rapprochement entre le Royaume-Uni et l’UE, en opposition avec l’accord établi par les conservateurs durant le Brexit. Keir Starmer, qui a récemment exprimé son « ambition » de resserrer les liens avec Bruxelles, doit néanmoins faire face à deux menaces. D’une part, le parti Reform UK, anti-immigration, mené par Nigel Farage, qui critique toute remise en question du Brexit. D’autre part, il doit prendre en compte le président américain Donald Trump, en vue de négocier un accord de libre-échange, bien que celui-ci soit ouvertement hostile à l’Union européenne.

Une balance fragile entre enjeux domestiques et politiques étrangères

« Il jongle avec deux défis majeurs simultanément », explique Richard Whitman, professeur à l’Université du Kent et expert des relations UE-Royaume-Uni. « Starmer doit maintenir un équilibre tant sur la scène internationale que sur le front intérieur, ce qui complexifie grandement sa mission ». Le parti Reform UK, successeur du Parti du Brexit, a récemment gagné du terrain, exploitant les préoccupations des Britanniques sur l’immigration dans un climat économique tendu. Les récents résultats des élections locales en Angleterre, où ils ont remporté plus de 670 sièges, deux postes de maires et un siège de député, illustrent cette ascension.

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Keir Starmer est convaincu qu’un rapprochement avec l’UE stimulerait la croissance économique, un de ses objectifs prioritaires. Toutefois, conscient de la sensibilité du sujet du Brexit, il a promis de respecter le résultat du référendum de 2016, excluant un retour dans le marché unique ou l’union douanière, ainsi que la réintroduction de la libre circulation. Il a longtemps été réticent face aux propositions européennes concernant un programme de mobilité pour jeunes Européens et Britanniques, bien qu’il ait récemment suggéré que le gouvernement était désormais plus ouvert à cette idée.

Potentiels progrès en matière de défense, concessions limitées sur la mobilité

Il semble peu probable que l’annonce d’un tel programme de mobilité soit faite ce lundi, Keir Starmer ayant récemment proposé des mesures pour réduire « significativement » l’immigration. « Proposer un tel programme pourrait être politiquement risqué », confirme Richard Whitman. Cependant, le sommet pourrait déboucher sur la signature d’un accord de défense, un sujet qui unit davantage en pleine guerre en Ukraine.

Face à la pression de la droite, Keir Starmer doit également répondre aux demandes de certains membres de sa majorité qui soutiennent un rapprochement plus prononcé avec l’UE. « Nous ne devons pas laisser le Brexit nous empêcher de protéger nos intérêts nationaux », affirme la députée Stella Creasy, à la tête du groupe Labour Movement for Europe. « Il est nécessaire de surmonter les divergences et les lignes rouges afin de réduire la bureaucratie et les contraintes administratives auxquelles nous sommes confrontés » depuis le Brexit.

Un soutien populaire en faveur d’un rapprochement avec l’UE

« Le Labour a minimisé le risque de perdre des voix à sa gauche », analyse Anand Menon, directeur du groupe de réflexion UK in a Changing Europe. Selon lui, Keir Starmer, qui avait voté contre la sortie de l’UE en 2016, peut se permettre d’être plus audacieux et moins « sur la défensive », grâce à sa large majorité, alors que Reform UK ne dispose que de cinq députés.

valdeuropeinfos.fr

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