Selon des documents internes consultés par la presse américaine, l’État fédéral envisagerait de racheter pour près d’un milliard de dollars des baux éoliens détenus par TotalEnergies, afin de faire abandonner deux projets offshore. L’enjeu dépasse la simple transaction : il remet en cause la confiance des investisseurs, réduit la capacité bas‑carbone prévue et oriente potentiellement des capitaux vers le gaz.
- Précédent inédit : c’est la première fois que des fonds fédéraux seraient utilisés pour acquérir des droits afin d’empêcher la mise en œuvre de projets renouvelables.
- Perte de capacité : près de 4 GW de projets annulés, soit une production équivalente à l’alimentation de quelque 2 millions de foyers.
- Signal aux marchés : l’opération pourrait fragiliser la perception de stabilité du cadre réglementaire américain auprès d’investisseurs étrangers.
Un rachat payé par le contribuable
Le plan, décrit dans un projet d’accord, vise deux baux acquis par TotalEnergies en 2022 : la zone dite Attentive Energy dans le New York Bight (environ 3 GW) et Carolina Long Bay, au large de la Caroline du Nord (un peu plus de 1 GW). Le groupe avait alors déboursé au total près de 955 millions de dollars pour ces terrains.
Concrètement, le département de l’Intérieur annulerait les baux et le ministère de la Justice rembourserait à TotalEnergies la quasi‑intégralité des enchères —un montant évoqué dans les documents à hauteur d’environ 928 millions de dollars—. L’État reprendrait ainsi le coût d’entrée d’un acteur majeur de l’éolien offshore sur le marché américain.
| Bail | Puissance estimée | Montant payé en 2022 (USD) |
|---|---|---|
| Attentive Energy (New York Bight) | ~3 GW | ~795 M$ |
| Carolina Long Bay | ~1+ GW | ~160 M$ |
| Total | ~4 GW | ~955 M$ |
Les documents font également état d’un engagement en sens inverse : TotalEnergies se serait engagé à rediriger des investissements vers des infrastructures gazières au Texas. Si cela se confirme, l’opération ne serait pas neutre pour le mix énergétique mais constituerait un soutien explicite au gaz naturel.
Quelles implications pour la transition et les marchés ?
Sur le plan climatique, l’annulation de ces projets retire du parc électrique une capacité bas‑carbone significative qui devait entrer en service dans les années à venir. Pour les acteurs financiers, la manœuvre soulève la question de la sécurité juridique des investissements dans les renouvelables outre‑Atlantique.
Du côté politique, utiliser le budget fédéral pour détourner des projets verts au profit de l’infrastructure gazière est susceptible d’alimenter des débats intenses entre administrations, législateurs et groupes environnementaux. À ce stade, ni la Maison‑Blanche ni TotalEnergies n’ont confirmé officiellement l’existence d’un accord.
Reste une incertitude majeure : ce rachat deviendrait‑il une nouvelle méthode d’action publique pour arbitrer entre énergies ? Les observateurs —investisseurs, ONG et acteurs du secteur— garderont un œil attentif sur la suite des négociations et sur d’éventuelles procédures judiciaires ou décisions législatives à venir.
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Claire Leblanc est analyste économique passionnée par les tendances financières. Elle décode pour vous les enjeux du marché européen avec des analyses claires et accessibles.



