À l’occasion du salon Euromaritime à Marseille, les ministres des Transports, de la Mer et de la Pêche et de l’Industrie ont rassemblé le comité stratégique de la filière pour faire le point sur des dossiers qui pèsent sur le commerce et la transition écologique : corridor Méditerranée–Rhône–Saône, structuration de l’axe IMEC et appels à projets pour des navires bas carbone. Ces discussions prennent une dimension particulière après la présentation, le 18 février, de la nouvelle stratégie portuaire de l’Union européenne.
Le président chargé du contrat stratégique de filière pour 2024–2027 a rappelé que ce document fixe des choix concrets, utiles pour coordonner industriels, PME, syndicats et pôles de compétitivité. La filière maritime reste un secteur clé de l’économie française, avec près de 35 milliards d’euros de chiffre d’affaires, plus de 122 000 emplois et un taux d’exportation aux alentours de 50 %.
Ambitions et positionnement
La présence des ministres — Philippe Tabarot (Transports), Catherine Chabaud (Mer et Pêche) et Sébastien Martin (Industrie) — à Marseille n’était pas anodine. Euromaritime, qui réunit tous les deux ans les professionnels du secteur, sert de cadre pour aligner initiatives publiques et priorités privées.
La France dispose, grâce à ses territoires d’outre‑mer, d’un espace maritime immense — près de 11 millions de km² — ce qui renforce son enjeu stratégique mais l’expose aussi à une concurrence internationale plus structurée, notamment chinoise. Dans ce contexte, le contrat de filière et les décisions prises à court terme peuvent peser sur la compétitivité des ports et des industriels français.
À court terme, la publication de la stratégie portuaire européenne le 18 février redessine les horizons de financement et de régulation. Ce calendrier accroît l’urgence pour la France de préciser ses priorités sur les corridors logistiques et les investissements d’infrastructure.
Décarbonation : un fil rouge
La décarbonation s’est imposée comme le sujet central des échanges. Au-delà de l’ambition générale, les discussions ont porté sur des dispositifs concrets, notamment le second appel à projets du programme Corimer Navire Bas Carbone, conduit en lien avec France 2030.
Les résultats du premier appel à projets ont été rendus publics le 4 février, et servent désormais de base pour cibler les technologies à soutenir : nouveaux carburants, hybrides, optimisation des opérations portuaires, et systèmes d’appoint décarbonés. L’objectif affiché est d’identifier rapidement des solutions mobilisables à grande échelle pour réduire les émissions de CO2 du transport maritime.
Ces choix ont des implications directes pour les investisseurs et les chantiers navals — une prime à l’innovation disruptive pourrait redistribuer les marchés.
- Axes prioritaires : corridor Méditerranée–Rhône–Saône, structuration du corridor IMEC.
- Objectifs climatiques : accélération des projets Navire Bas Carbone et ciblage des solutions déployables rapidement.
- Ressources humaines : maintien et montée en compétences des 122 000 emplois face aux nouvelles technologies.
- Contexte européen : adaptation aux orientations de la stratégie portuaire de l’UE présentée le 18 février.
- Compétitivité : répondre à la concurrence étrangère par des investissements structurants.
Plusieurs participants ont souligné l’importance de transformer les ambitions en feuilles de route chiffrées et calendrières : financement des infrastructures, plans de formation, et appels à projets ciblés sont attendus dans les prochains mois.
Reste à suivre l’application opérationnelle du contrat stratégique 2024–2027 et la manière dont les fonds — publics comme privés — seront orientés pour soutenir les corridors logistiques, la modernisation des ports et l’émergence de navires à faible empreinte carbone. Les prochaines annonces sur les rythmes d’investissement et les partenariats industriels détermineront la portée réelle de ces ambitions.
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Claire Leblanc est analyste économique passionnée par les tendances financières. Elle décode pour vous les enjeux du marché européen avec des analyses claires et accessibles.



