Pour Jessica Matoua David, la façon dont on parle des dirigeantes empêche souvent leur pleine reconnaissance professionnelle : plutôt que de qualifier leurs projets par le genre de leur porteuse, elle plaide pour une lecture neutre et opérationnelle de l’entreprise. À la tête du think tank Nemow Lab et fondatrice du cabinet Fargo Int, cette ancienne de Microsoft et Pernod Ricard estime que la terminologie et les pratiques actuelles freinent l’égalité réelle dans le monde des affaires.
Parcours et position
Après des expériences en entreprise dans des groupes internationaux, Jessica Matoua David a lancé Nemow Lab, un observatoire consacré à la promotion de l’entrepreneuriat au féminin, avant de créer la société de conseil Fargo Int. Son message est clair : considérer l’activité entrepreneuriale comme intrinsèquement genrée reproduit des préjugés et limite l’accès aux ressources et à la visibilité.
Elle rappelle que la manière dont on nomme et encadre les initiatives influe sur les financements, les réseaux et la manière dont les médias ou les investisseurs évaluent un projet. Pour elle, il s’agit moins d’effacer les spécificités que de cesser de réduire une dirigeante à son identité.
Pourquoi cette question compte maintenant
Le débat prend de l’ampleur alors que les entreprises et les pouvoirs publics cherchent à relancer l’emploi et à soutenir la création d’activités après des années de turbulence économique. La façon dont on pense l’entrepreneuriat a des conséquences concrètes : accès au capital, accompagnement, visibilité médiatique.
Pour les femmes entrepreneures, la persistance d’étiquettes genrées peut se traduire par :
- des difficultés à convaincre des investisseurs quand le projet est perçu comme “niche” ;
- un encadrement spécialisé qui isole plutôt qu’il n’intègre dans des réseaux d’affaires larges ;
- une couverture médiatique centrée sur l’identité plutôt que sur la performance économique.
Actions concrètes proposées
Jessica Matoua David défend des mesures pragmatiques pour déplacer le curseur :
- reformuler les dispositifs de soutien pour les orienter vers la compétitivité du projet, non vers le profil de son dirigeant ;
- diversifier les panels d’investissement pour diminuer les biais de sélection ;
- encourager les médias et les réseaux professionnels à valoriser les critères de performance (chiffre d’affaires, innovation, modèle) plutôt que le genre.
Ces propositions visent à transformer des intentions en effets tangibles sur le terrain : plus d’accès au financement, plus d’opportunités de croissance, et surtout une normalisation de la présence féminine dans toutes les catégories entrepreneuriales.
Ce que cela implique pour les acteurs publics et privés
L’enjeu dépasse les seules questions d’égalité symbolique. En changeant de regard, les décideurs peuvent améliorer l’efficacité des dispositifs d’accompagnement et la rentabilité à long terme des entreprises soutenues. Les entreprises elles‑mêmes y gagnent en diversité de pensée et en capacité d’innovation.
À court terme, il s’agit donc de repenser les critères d’attribution des aides, d’adapter les formations et de mesurer les résultats avec des indicateurs économiques plutôt que des libellés identitaires.
Pour Jessica Matoua David, la transition passe par une modification des représentations et par des actions coordonnées entre fédérations professionnelles, investisseurs et médias. Le débat est ouvert, mais ses propositions donnent une feuille de route opérationnelle pour que l’égalité cesse d’être un simple slogan et devienne un levier réel de croissance.
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Claire Leblanc est analyste économique passionnée par les tendances financières. Elle décode pour vous les enjeux du marché européen avec des analyses claires et accessibles.



