En 2027, les hausses de salaire en France devraient rester contenues : l’étude nationale de Willis Towers Watson anticipe une stabilisation autour de 3 %, soit le même niveau que l’année précédente. Ce chiffre masque un basculement important dans la façon dont les entreprises rémunèrent : les revalorisations collectives reculent au profit d’ajustements individuels ciblés.
Une logique de ciblage plutôt que de généralisation
Selon les auteurs de l’étude, de nombreuses directions des ressources humaines privilégient désormais des augmentations liées à la performance ou au risque de départ d’un collaborateur, plutôt que des hausses générales pour l’ensemble des effectifs. Ce choix permet de maîtriser la masse salariale tout en tentant de répondre aux enjeux de rétention dans les métiers difficiles à recruter.

Pour les salariés, cela signifie une montée en puissance de la variable : la rémunération devient plus dépendante des évaluations individuelles, de la mobilité interne et des négociations personnelles.
Ce que cela implique concrètement
La stabilisation nominale autour de 3 % ne dit rien sur la réalité du pouvoir d'achat, qui dépendra de l’inflation et des mesures salariales hors salaire de base (primes, avantages). Par ailleurs, l’érosion des hausses générales peut creuser les écarts entre profils : ceux dont la performance est valorisée verront des gains supérieurs, tandis que d’autres resteront à l’écart.
| Tendance observée | Explication | Conséquences pour les salariés |
|---|---|---|
| Stabilisation des hausses à ~3 % | Contexte budgétaire et volonté de contenir la masse salariale. | Gains nominaux limités, dépendance à l’inflation. |
| Réduction des augmentations générales | Préférence pour des mesures ciblées et contrôlables. | Moins d’effet bénéfique pour l’ensemble des employés. |
| Essor des augmentations individuelles | Outils de performance et risques de départ orientent les décisions. | Plus d’inégalités internes ; négociation individuelle cruciale. |
Les effets varieront fortement selon les secteurs : la finance, la tech et certains services très concurrentiels pourraient continuer à offrir des hausses individuelles attractives, tandis que les secteurs soumis à contraintes budgétaires structureront moins d’augmentations générales.
- Préparez vos entretiens annuels : documentez vos réalisations et concentrez-vous sur des indicateurs chiffrés.
- Évaluez votre rémunération globale, pas seulement le salaire de base (primes, participation, avantages).
- Comparez régulièrement les salaires du marché pour votre poste et votre secteur.
- Considérez la mobilité interne ou externe comme levier de progression salariale.
- Suivez les négociations collectives et les accords de branche qui peuvent réintroduire des mesures générales.
En attendant les décisions concrètes des employeurs au printemps et l’évolution de l’inflation, la clef pour les salariés sera l’anticipation : savoir se positionner, négocier et valoriser des compétences recherchées. Pour les entreprises, l’enjeu restera de concilier maîtrise des coûts et attractivité sur un marché du travail tendu.
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Claire Leblanc est analyste économique passionnée par les tendances financières. Elle décode pour vous les enjeux du marché européen avec des analyses claires et accessibles.



