La France accorde en moyenne plus de jours de congé que ses voisins, mais une large partie de ces repos reste inutilisée : une enquête menée auprès de 17 500 salariés par le spécialiste RH Deel montre qu’un seul quart des travailleurs français prend la totalité de ses vacances. Ce décalage entre droit et pratique interroge aujourd’hui, alors que la capacité à se déconnecter devient un enjeu de santé publique et de performance pour les entreprises.
L’étude de Deel, qui a sondé des salariés dans plusieurs pays européens, établit deux constats simples mais frappants : en moyenne la France propose le plus grand nombre de jours payés, autour de 28 jours par an, et pourtant seulement environ 25 % des actifs déclarent utiliser l’ensemble de ce droit. À l’inverse, l’Allemagne et les pays scandinaves ressortent comme des modèles d’usage effectif des congés.
Ce que dit le rapport — en bref
- Panel : près de 17 500 salariés interrogés dans plusieurs pays européens.
- Droit moyen en France : environ 28 jours de congés payés selon l’échantillon.
- Taux d’utilisation complet en France : proche de 25 %.
- Tendances : meilleur recours aux congés en Allemagne et dans les pays scandinaves.
Pourquoi ces chiffres comptent aujourd’hui ? Parce qu’un nombre élevé de congés non pris peut traduire des difficultés concrètes : pression professionnelle, charge de travail mal répartie, crainte de retomber sur une pile de tâches à son retour ou encore culture du présentéisme. À l’inverse, partir en vacances contribue à réduire le stress, améliorer la concentration au retour et limiter l’épuisement professionnel.
Plusieurs facteurs culturels et organisationnels sont avancés pour expliquer la baisse d’usage des congés en France. Certaines entreprises restent marquées par des pratiques managériales où la présence est valorisée ; d’autres n’encouragent pas la planification anticipée des absences. Le télétravail, qui a transformé le rapport au bureau, joue aussi un rôle ambigu : il facilite la flexibilité mais brouille les limites entre vie professionnelle et vie personnelle.
Conséquences pour les entreprises et les salariés
Le non-usage des congés n’est pas sans effet. Pour les salariés, l’absence de pauses prolongées alimente le risque de burnout et réduit la capacité de récupération. Pour les employeurs, cela peut se traduire par une baisse de productivité à long terme, un turnover accru et, dans certains cas, un coût financier si les jours sont indemnisés ou reportés.

Des initiatives simples peuvent toutefois infléchir la tendance : encourager la planification collective des congés, fixer des périodes de fermeture annuelle, former les managers à la déconnexion et automatiser le suivi des jours restants. Certains pays nordiques combinent ces leviers avec des politiques publiques qui normalisent la prise de congé, ce qui explique en partie leurs bons résultats.
À retenir
Le contraste entre le volume de congés légalement accordé en France et le faible taux d’utilisation effectif pose une question de priorités pour entreprises et décideurs. Prendre ses vacances n’est pas seulement un droit administratif : c’est un pilier de la santé au travail et un levier de performance. À court terme, la période des départs saisonniers pourrait servir d’alerte pour repenser les pratiques internes et encourager un meilleur équilibre entre repos et activité.
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Claire Leblanc est analyste économique passionnée par les tendances financières. Elle décode pour vous les enjeux du marché européen avec des analyses claires et accessibles.



