Défaillances d’entreprises en hausse : Comment le post-Covid et les droits de douane impactent le marché?

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Par : Claire Leblanc

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Selon la dernière analyse d’Allianz Trade, bien que les faillites d’entreprises aient diminué ce trimestre par rapport au précédent, elles ont connu une hausse sur l’année.

La tendance des faillites d’entreprises continue de se maintenir à un niveau élevé. Allianz Trade rapporte dans son étude que 17 085 entreprises ont été déclarées en faillite au deuxième trimestre en France, malgré une baisse de 6 % par rapport au trimestre précédent. Toutefois, par rapport à l’année dernière, les faillites ont augmenté de 3,5 %, avec un mois d’avril particulièrement affecté. Pour information, une entreprise est considérée en faillite lorsqu’une procédure de redressement ou de liquidation judiciaire est initiée, selon la Banque de France.

Cette situation désolante est en partie due à un phénomène de rattrapage post-pandémique. Pendant la crise du Covid-19, les faillites étaient exceptionnellement basses, soutenues par des aides gouvernementales substantielles. Cependant, ces aides ont été progressivement retirées, et les entreprises ont commencé à rembourser les prêts garantis par l’État qu’elles avaient reçus durant cette période.

Le climat économique actuel, marqué par l’instabilité géopolitique, entraîne une grande incertitude pour les entreprises. Elles « font face à plusieurs défis, tels que la dégradation du cycle économique, la cessation et le remboursement des aides, la reprise des poursuites par les administrations fiscales et sociales, ainsi que les incertitudes géopolitiques », précise Maxime Lemerle, responsable de la recherche sur les faillites chez Allianz Trade.

Les grandes entreprises également affectées

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Alors que les petites entreprises étaient traditionnellement les plus touchées par les faillites, les grandes entreprises sont désormais aussi concernées. Selon les données de l’assureur, 12 % des entreprises avec un chiffre d’affaires entre 2 et 5 millions d’euros ont fait faillite au cours des douze derniers mois. Ce pourcentage monte à 18 % pour les entreprises réalisant entre 5 et 15 millions d’euros de chiffre d’affaires, ainsi que pour celles dépassant les 15 millions d’euros.

Aucun secteur n’est épargné, quel que soit la taille de l’entreprise. Le secteur de la construction est particulièrement touché, représentant 21 % des faillites, avec plus de 870 entreprises en défaut sur l’année écoulée. Il est suivi par les services aux entreprises (845), l’hôtellerie et la restauration (791), et les services aux particuliers (638). Les secteurs des transports et de l’entreposage, de l’agriculture, ainsi que de l’information et de la communication ont vu leurs faillites augmenter respectivement de 16 %, 14 % et 13 %, d’après Allianz Trade.

Une perspective peu réjouissante pour 2025

Pour l’année 2025, les prévisions ne sont guère optimistes. L’assureur anticipe une poursuite de la tendance actuelle : « Bien que le pic d’accélération des faillites semble être derrière nous, un nouveau record de sinistralité pourrait être atteint avec 67 500 faillites prévues d’ici fin 2025. »

En outre, la guerre commerciale initiée par Donald Trump continue de perturber le commerce mondial, ce qui pourrait « entraîner un nombre de faillites supérieur aux prévisions pour 2025 et 2026, estimées respectivement à 67 500 et 65 000 », écrit Maxime Lemerle. L’Union européenne devra connaître son sort avant le 1er août, le président américain ayant menacé d’imposer des droits de douane de 30 % aux États membres.

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« Dans un environnement commercial de plus en plus complexe et instable, il est crucial pour les entreprises de rester vigilantes afin de réduire le risque d’impayés », conclut Laurent Treilhes, président du comité exécutif d’Allianz Trade en France, dans l’étude.

Margot Ruault

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