Évasion fiscale: Zucman détaille une feuille de route pour taxer les multinationales

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Par : Claire Leblanc

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Gabriel Zucman inaugure ce jeudi 5 février à Paris un nouvel observatoire dédié à la fiscalité internationale, avec l’ambition d’imposer son expertise au-delà des frontières européennes. Le lancement intervient alors que les débats sur l’évasion fiscale et la taxation des grandes entreprises reprennent de l’ampleur à l’échelle mondiale — un enjeu qui touche directement les recettes publiques et les inégalités.

Installé dans les locaux de l’École d’économie de Paris, ce centre entend étendre le travail engagé depuis cinq ans au sein de l’observatoire européen de la fiscalité. Les fondateurs veulent désormais produire des analyses et des recommandations susceptibles d’influencer les décisions publiques à l’international.

Un objectif clair : peser sur les politiques publiques

Les responsables présentent l’initiative comme un outil de recherche et d’appui aux politiques visant à réduire les disparités et à renforcer la transparence fiscale. En pratique, l’équipe souhaite fournir des études, des modèles et des propositions mobilisables par les gouvernements et les organisations internationales.

Quentin Parrinello, qui dirige la politique publique pour le projet, rappelle que les mécanismes d’évitement fiscal et la fiscalité des multinationales ne peuvent plus être traités seulement au niveau européen : ils nécessitent une coordination globale, selon lui.

À proximité des travaux de Thomas Piketty, l’observatoire réunit environ trente chercheurs et collaborateurs, mêlant économistes, juristes et spécialistes des politiques publiques. Son positionnement cherche à combiner rigueur académique et influence sur le terrain politique.

Contexte international et obstacles

Le retour sur la scène politique américaine a repositionné la question fiscale au cœur des stratégies internationales. Certaines prises de position récentes aux États‑Unis ont d’ailleurs fragilisé le consensus autour de la taxe minimale coordonnée pour les multinationales promue à l’OCDE.

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Cette taxe, portée à l’OCDE par des responsables comme Pascal Saint‑Amans, n’a pas été pleinement mise en œuvre par tous les États, et fait l’objet de pressions politiques et industrielles qui compliquent son application effective.

  • Lancement : jeudi 5 février, Paris (École d’économie).
  • Mission : produire recherches et recommandations pour une fiscalité internationale plus équitable.
  • Équipe : une trentaine de chercheurs et collaborateurs, en lien avec le laboratoire mondial des inégalités.
  • Défis : résistance politique, lobbying des multinationales, besoin d’une coordination internationale.

Pour les citoyens et les décideurs, l’enjeu est concret : mieux taxer les profits déplacés entre juridictions signifie préserver des ressources publiques (santé, éducation, infrastructures) et s’attaquer à la concentration des richesses qui influe sur le pouvoir économique et politique.

Les prochaines étapes annoncées comprennent la publication d’études comparatives, la formulation de propositions réglementaires et la participation à des forums internationaux. L’observatoire espère ainsi alimenter, de manière factuelle, des débats où la technicité fiscale rencontre désormais des choix démocratiques fondamentaux.

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