Exercice: un atout majeur pour la santé mentale des adolescents, voici les preuves!

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Par : Pierre Dupont

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L’adolescence représente une étape fondamentale du développement humain. Durant cette période de grande instabilité, les adolescents traversent de multiples changements physiques, émotionnels et sociaux qui peuvent s’avérer très éprouvants. C’est un moment clé pour la construction de l’identité, la confrontation à des pressions externes accrues et la quête d’autonomie. L’absence d’un soutien adéquat peut engendrer un lourd tribut émotionnel.

La fragilité émotionnelle durant cette période augmente le risque de développer des troubles psychologiques. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), un jeune sur sept âgé de 10 à 19 ans souffre d’un tel trouble. Cela représente 15 % des 1,3 milliard d’adolescents à travers le monde, soit environ un sixième de la population mondiale.

Les troubles psychologiques figurent parmi les principales causes de maladie et d’incapacité chez ces jeunes. Le suicide est la troisième cause de décès chez les jeunes de 15 à 29 ans, une statistique alarmante qui souligne le besoin urgent d’adopter une approche préventive en matière de santé mentale dès les premiers stades de la vie.

Pratiques préventives contre les maladies mentales

La dépression et l’anxiété comptent parmi les troubles les plus courants chez les adolescents. Ces maladies partagent certains symptômes et, dans de nombreux cas, peuvent être traitées de manière similaire, y compris par diverses thérapies psychologiques et des approches médicamenteuses existantes.

En termes de prévention, adopter de bonnes habitudes peut changer la donne. Éviter les drogues, le tabac et l’alcool, s’immerger dans un environnement social sain et rester actif sont quelques-unes des recommandations actuelles de l’OMS pour la santé mentale. Des organismes internationaux comme l’OMS mettent également en avant les effets bénéfiques de l’activité physique sur le bien-être physique, psychologique et social.

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Toutefois, une grande partie de la population mondiale ne suit pas ces recommandations, y compris les plus jeunes membres de la société. Entre 2016 et 2022, plus de 80 % des jeunes de 11 à 17 ans n’ont pas atteint l’objectif de 60 minutes d’activité physique modérée à vigoureuse par jour.




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De nombreuses habitudes changent pendant l’adolescence, y compris la pratique du sport et de l’exercice, qui souvent diminue lorsque les adolescents entrent dans l’enseignement secondaire.

Quatre conclusions fondées sur la recherche

Des études récentes ont confirmé l’importance d’éviter un mode de vie sédentaire pour améliorer la santé mentale. Nous pouvons regrouper ces résultats en quatre conclusions principales :

  1. Les adolescents inactifs présentent davantage de symptômes de dépression et d’anxiété

    Les jeunes qui ne pratiquent pas régulièrement d’exercice souffrent nettement plus de symptômes émotionnels négatifs (tristesse, découragement, nervosité et inquiétude). Cela est corroboré par deux études récentes portant sur plus de 10 000 adolescents en Espagne.

    Le mouvement régulier renforce non seulement le corps, mais également l’esprit. On estime que les adolescents actifs ont 20-30 % moins de chances de présenter des symptômes dépressifs par rapport à leurs pairs sédentaires.

  2. Plus le niveau d’activité physique et de performance est élevé, plus les symptômes sont légers.

    L’impact positif du sport sur la santé mentale dépend non seulement de la pratique sportive, mais aussi de son intensité et de sa fréquence. Les adolescents inactifs sont jusqu’à quatre fois plus susceptibles de souffrir de symptômes dépressifs modérés à sévères comparativement aux athlètes de haut niveau.

    Les personnes de ce groupe d’âge qui s’entraînent plusieurs heures par semaine et qui participent à des compétitions, notamment à des niveaux national ou international, présentent de meilleurs états d’humeur et des niveaux d’anxiété plus faibles.

    Bien que le type de sport pratiqué ne semble pas faire une grande différence, l’engagement et la régularité avec lesquels il est pratiqué en font.

    Plus le mode de vie sportif d’un adolescent est actif et structuré, plus les bénéfices pour sa santé mentale sont importants, surtout si le sport représente une partie régulière et motivante de sa vie quotidienne.

  3. Les adolescentes souffrent davantage

    Comparées aux garçons, les adolescentes ont tendance à éprouver davantage de symptômes liés à l’anxiété et à la dépression, surtout à mesure que l’adolescence avance.

    Cette différence devient plus marquée à partir de l’âge de 14 ou 15 ans, coïncidant avec les stades ultérieurs du développement pubertaire. Certaines études montrent que les adolescentes sont 50-70 % plus susceptibles de présenter des symptômes dépressifs que leurs pairs masculins.

    Les raisons sont probablement liées aux transformations hormonales, sociales et culturelles. Les changements dans les niveaux d’œstrogènes, la pression esthétique accrue, la comparaison avec autrui sur les réseaux sociaux, le harcèlement et la perception réduite des compétences physiques contribuent à cette vulnérabilité émotionnelle.

    On a également observé que les adolescentes ont tendance à s’enfermer dans des pensées négatives, ressassant sans cesse leurs soucis dans un état mental connu sous le nom de rumination. Cela peut intensifier les symptômes d’anxiété et de dépression.

    Il est donc particulièrement important de promouvoir le sport chez les adolescentes, en les aidant à se sentir en sécurité, soutenues et motivées dans des environnements positifs et sains.

  4. Il y a des bénéfices à long terme

    Enfin, en plus des effets plus immédiats, une revue systématique récente suggère que les enfants qui pratiquent des activités physiques de loisir pendant l’enfance et l’adolescence peuvent bénéficier de retombées à long terme sur leur santé et leur comportement.

Au vu de ces quatre conclusions, il est essentiel que les autorités, les entraîneurs, les familles et les jeunes eux-mêmes comprennent que le mouvement régulier et vigoureux n’est pas seulement bénéfique pour le corps – il protège et favorise également l’esprit. L’encourager est vital pour construire un avenir plus sain et équilibré pour les jeunes.

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