Sommet de l’Otan: Risques et Incertitudes Persistent Jusqu’à la Fin

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Par : Claire Leblanc

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Les dirigeants des 32 pays de l’OTAN se rassemblent pour un sommet crucial aux Pays-Bas ce mardi et mercredi. L’ordre du jour unique : discuter de l’augmentation des budgets de défense à 5 % de leur PIB.

Depuis plusieurs mois, le sujet de l’augmentation des dépenses militaires est sur la table des discussions de l’OTAN. Ce sujet sera finalisé lors du sommet qui se tiendra à La Haye, aux Pays-Bas. Depuis son récent retour à la présidence des États-Unis fin janvier, Donald Trump a constamment exhorté les nations européennes et le Canada, membres de l’Alliance, à consacrer au moins 5 % de leur produit intérieur brut (PIB) à la défense, contre un objectif précédent de 2 %. « Si ils ne contribuent pas, je ne les défendrai pas ! », a-t-il déclaré en mars.

Soumis à la pression de ce désengagement américain et à la menace russe, les alliés devraient donc s’engager à augmenter leurs dépenses de plusieurs milliards d’euros. Ils ont déjà trouvé un accord le week-end dernier pour allouer 3,5 % de leur PIB aux dépenses militaires strictes d’ici 2035, et 1,5 % à des dépenses de sécurité plus larges, telles que la cybersécurité ou la mobilité militaire. « C’est un pas en avant ambitieux, historique et essentiel pour sécuriser notre avenir », a affirmé Mark Rutte, le secrétaire général de l’OTAN. Cependant, jusqu’à ce que la déclaration finale soit publiée, des changements sont encore possibles, étant donné la délicatesse du sujet.

Un objectif ambitieux

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Lorsque Donald Trump a proposé pour la première fois d’allouer 5 % du PIB à la défense, la réaction a été largement négative parmi les pays de l’OTAN. « Pure folie », « absurde », « ridicule », ont été les termes employés par plusieurs alliés. Notamment parce que certains, au nombre de huit, n’avaient pas encore atteint l’objectif de 2 %, établi depuis un sommet de 2014. Toute augmentation représente un effort budgétaire de plusieurs centaines de milliards d’euros.

L’idée de Mark Rutte de diviser cet objectif de 5 % a été vue comme un « très bon coup » par Jamie Shea, expert auprès du think tank Chatham House. « Cela rend les choses beaucoup plus acceptables pour les Européens, car avec cette catégorie de 1,5 %, ils peuvent inclure toutes les dépenses qu’ils ont déjà effectuées depuis des années. »

L’Espagne exprime des réserves

Mais des voix opposées se sont également fait entendre. Notamment celle de l’Espagne. Le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, a exprimé à plusieurs reprises son désaccord à augmenter les dépenses de défense à 5 % du PIB, qualifiant cette idée de « déraisonnable et contre-productive ». Toutefois, l’Espagne a finalement approuvé l’accord ce week-end dernier, tout en prétendant bénéficier d’une exception, ce que l’OTAN réfute. « Aucun allié » ne peut se soustraire à ses engagements, a insisté lundi un diplomate de l’Alliance, ajoutant ainsi de l’incertitude quant aux résultats du sommet.

La Belgique, elle aussi, ne voit pas d’un bon œil cette forte augmentation. « C’est de l’hystérie collective de considérer qu’il faut dépenser 5 % », a déclaré Georges-Louis Bouchez, président du Mouvement réformateur, dans une interview au quotidien Le Soir. La Belgique demande « un maximum de flexibilité, la souplesse est indispensable », a souligné Maxime Prévot, ministre belge des Affaires étrangères, soulignant l’activité diplomatique intense des dernières semaines pour obtenir des mécanismes de flexibilité […]

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D’autres pays, comme le Luxembourg et l’Italie, restent prudents. Le Premier ministre du Luxembourg, Luc Frieden, a affirmé qu’il serait impossible pour son pays d’atteindre immédiatement l’objectif de 5 %, mais qu’il suivrait le compromis établi lors du sommet, si un tel accord est conclu, comme rapporté par le journal Paperjam. L’Italie, quant à elle, demande plus de « temps » pour augmenter ses dépenses au-delà de son niveau actuel.

L’incertitude Trump

En plus des divisions parmi les membres européens de l’OTAN, une autre inconnue pèse sur ce sommet : Donald Trump. Le président américain, connu pour ses coups de théâtre, a récemment quitté précipitamment le sommet du G7. Pour rappel, lors de son premier sommet de l’Alliance en 2018, il avait vivement critiqué l’Allemagne et avait eu un échange tendu avec Jens Stoltenberg, alors chef de l’Organisation.

Pour éviter tout dérapage et s’assurer du soutien du président américain, ce sommet a été planifié pour être bref et concentré. « Il se concentrera presque exclusivement » sur la question des dépenses militaires, a résumé un diplomate de l’OTAN. Outre un dîner de gala mardi soir, une seule session de travail est prévue mercredi, limitée à 2 heures et 30 minutes. Tout a été organisé pour que « Trump ne s’ennuie pas lors de réunions interminables, après avoir prononcé son discours », a indiqué Jamie Shea. Pour éviter de le contrarier, le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, ne participera pas officiellement au sommet, même s’il sera présent. Une rencontre entre les deux dirigeants est toutefois prévue mercredi après-midi, selon la présidence ukrainienne.

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Agathe Perrier

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