CMA CGM lance une barge électrique Fos-Lyon en 2028 : cap sur le transport fluvial décarboné

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Par : Claire Leblanc

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CMA CGM a annoncé depuis Lyon le lancement d’une barge hybride-électrique qui reliera Fos‑sur‑Mer à la ville à partir de 2028, une initiative destinée à réduire l’empreinte carbone du transport de conteneurs entre la Méditerranée et le bassin rhodanien. Le projet s’inscrit dans une stratégie plus large de modernisation des infrastructures portuaires et de report modal visant à limiter le recours au transport routier.

Le 5 février, Rodolphe Saadé s’est rendu à Lyon pour détailler l’ambition du groupe sur l’axe Méditerranée‑Rhône‑Saône (MeRS). CMA CGM a pris la direction du port Édouard‑Herriot l’an dernier en partenariat avec plusieurs chambres de commerce régionales et la Banque des Territoires, avec un plan d’investissement de 40 millions d’euros pour améliorer l’accueil des flux et augmenter les capacités.

Un navire conçu pour le Rhône

La future barge, conçue et construite en Europe, affiche une longueur de 185 mètres et une capacité de 156 EVP. Selon l’armateur, elle pourrait acheminer jusqu’à 12 000 EVP par an sur la liaison Fos–Lyon une fois pleinement opérationnelle.

Caractéristique Détail
Type Barge hybride‑électrique
Longueur 185 m
Capacité 156 EVP
Flux estimé Jusqu’à 12 000 EVP/an
Mise en service prévue 2028
Constructeur Europe

Le groupe précise travailler actuellement sur les derniers ajustements techniques afin d’adapter ce modèle aux contraintes du Rhône. CMA CGM s’appuie sur une expérience antérieure : la compagnie a déjà livré une barge 100 % électrique destinée à circuler sur le Mékong pour un client industriel, une opération sur un parcours beaucoup plus court (quelques dizaines de kilomètres).

Pourquoi cela compte aujourd’hui

Le transport fluvial offre un potentiel important pour diminuer les émissions du secteur logistique : CMA CGM évoque jusqu’à 80 % d’émissions de CO2 en moins par conteneur comparé au routier. À l’échelle régionale, la mise en service d’une liaison régulière entre Fos et Lyon pourrait :

  • réduire la pression sur les réseaux routiers et le nombre de camions sur les axes départementaux et autoroutiers ;
  • offrir aux chargeurs une alternative plus verte et potentiellement plus stable face aux aléas du trafic routier ;
  • stimuler des investissements locaux dans les terminaux et les modes de manutention pour fluidifier les transbordements.

Ces effets dépendront toutefois de la capacité des acteurs locaux (ports, chargeurs, opérateurs logistiques) à adapter leurs flux et d’un calendrier de montée en puissance coordonné avec les travaux d’infrastructure.

Lors de sa présentation, le dirigeant du groupe a insisté sur la volonté de reproduire en France les solutions testées à l’étranger pour la décarbonation des transports, tandis que la vice‑présidente en charge des actifs a confirmé que des validations techniques sont encore en cours avant la production en série du modèle destiné au Rhône.

Les prochaines étapes seront donc la finalisation des essais, l’alignement des capacités portuaires grâce aux financements engagés, et l’obtention des autorisations nécessaires. Si le calendrier est respecté, la liaison pourra se mettre en place en 2028 et devenir un élément concret de la stratégie régionale de transition des mobilités fret.

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