Croissance économique en Inde: Objectifs encore hors de portée!

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Par : Claire Leblanc

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Durant le dernier trimestre, l’économie de l’Inde a connu une croissance annuelle de 6,2 %, en deçà des 8 % requis pour accéder au statut de pays développé.

Le dernier trimestre de 2024 a vu l’économie indienne s’accroître de 6,2 % sur une base annuelle, comparé à la même période en 2023. Entre octobre et décembre, le produit intérieur brut (PIB) du pays a augmenté plus rapidement que lors du trimestre précédent, qui avait enregistré une croissance de 5,4 % sur un an. Ces données, publiées par le gouvernement indien vendredi dernier, montrent un ralentissement par rapport aux prévisions, avec une croissance annuelle estimée à seulement 6,4 % pour l’exercice fiscal se terminant en mars 2025, bien inférieure à celle de 8,2 % de l’année précédente.

Le ralentissement de la croissance est attribué à une diminution des investissements en infrastructures, à un secteur manufacturier moins vigoureux et à une baisse de la consommation des ménages urbains. Malgré cela, l’Inde continue d’être reconnue comme l’une des économies les plus dynamiques au monde. Cependant, ce fléchissement pourrait la replacer au niveau le plus bas observé ces quatre dernières années. « Avec perspective, il est clair que l’économie indienne demeure vulnérable, surtout au regard des normes récentes du pays », a commenté Harry Chambers, analyste chez Capital Economics, dans une note récente.

Un besoin de 8 % de croissance pour se développer

Les spécialistes estiment que l’Inde, pays le plus peuplé de la planète, doit atteindre un taux de croissance d’environ 8 % pour générer suffisamment d’emplois et accéder au statut de pays développé. Toutefois, lors de la présentation de son projet de budget il y a un mois, le gouvernement du Premier ministre Narendra Modi a projeté une croissance du PIB entre 6,3 % et 6,8 % pour l’exercice fiscal 2025-2026.

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Pour stimuler cette croissance, le gouvernement a annoncé une réduction des prélèvements obligatoires de près de 12 milliards d’euros, ciblant principalement les classes moyennes, qui souffrent de l’augmentation des prix alimentaires et de la stagnation des salaires. Par ailleurs, la banque centrale de l’Inde (RBI) a réduit ses taux d’intérêt au début de février pour la première fois depuis 2020, signifiant une préoccupation croissante pour le ralentissement économique plutôt que pour l’inflation, qui était de 5,2 % sur un an en décembre.

« La politique monétaire est désormais nettement plus accommodante, ce qui laisse présager une accélération de la croissance économique dans les trimestres à venir », prévoit l’économiste Harry Chambers. Teresa John, quant à elle, reste moins optimiste. « Pour atteindre l’objectif de 6,5 % fixé pour cet exercice fiscal, il faudrait une croissance supérieure à 7 % lors du prochain trimestre se terminant en mars », elle avertit, « ce qui me paraît difficile à réaliser ».

Préoccupations concernant les droits de douane américains

Les analystes de Nomura et SBI Research ont souligné les risques que la guerre commerciale des droits de douane initiée par le nouveau président américain pourrait poser pour la croissance indienne. En anticipation, New Delhi a proactivement réduit ses tarifs douaniers sur les motos et les alcools américains.

valdeuropeinfos.fr

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