L’annonce récente de Donald Trump évoquant un retrait progressif des forces israéliennes couplé à un désarmement du Hamas relance les interrogations sur la faisabilité d’un tel arrangement. Pour Frédéric Encel, géopolitiste, exiger le départ immédiat d’Israël comme condition préalable à la neutralisation du mouvement islamiste fragilise d’emblée tout processus de paix.
Selon l’expert, la formulation même de la proposition soulève un point central : qui garantira la sécurité d’Israël pendant et après un retrait, et comment vérifier la disparition effective des capacités militaires du Hamas ? Ce double impératif — protection et vérification — est rarement conciliable sans dispositifs internationaux solides.
Les obstacles concrets identifiés par l’expert
Frédéric Encel pointe plusieurs freins opérationnels et politiques qui rendent l’accord difficile, voire irréaliste, si certaines conditions ne sont pas remaniées.

- Retrait israélien : perçu à Jérusalem comme un risque de sécurité majeur si aucun mécanisme de contrôle n’est mis en place.
- Désarmement effectif : comment s’assurer que les armes, tunnels et réseaux logistiques sont démantelés et non simplement cachés ?
- Forces de garantie : l’absence d’un corps international neutre et crédible pour superviser le processus affaiblit la confiance entre les parties.
- Fragmentation du Hamas : divisions internes rendent toute promesse de désarmement instable et difficile à appliquer.
- Rôle des pays voisins : Égypte, Qatar, Iran ou Turquie peuvent influencer le résultat, positivement ou négativement.
Encel rappelle que la logique d’un accord viable impose une séquence claire : d’abord des garanties de sécurité, puis des étapes de démilitarisation vérifiables. À l’inverse, céder d’emblée sur le retrait israélien, sans ces garanties, revient selon lui à offrir une victoire politique sans sécurité durable.
Quelles options restent ouvertes ?
Plusieurs scénarios pratiques peuvent être envisagés, chacun avec ses compromis. Un retrait progressif accompagné d’un déploiement international limité pour assurer la sécurité, ou un retrait conditionné par des inspections et la remise des armements lourds : ce sont des pistes qui demandent un engagement diplomatique intense.
Autre piste évoquée : transformer la question militaire en problème politique et humanitaire, en liant désarmement et reconstruction économique de la bande de Gaza. Cela nécessite des garanties financières et un suivi administratif — deux éléments qui peuvent rendre la promesse de désarmement plus crédible aux yeux des habitants et des acteurs régionaux.
Pourquoi cela compte maintenant
L’enjeu dépasse Gaza : un processus mal conçu risque d’alimenter de nouvelles violences et d’impliquer davantage d’acteurs régionaux. Pour Encel, la fenêtre de négociation existe mais n’est pas ouverte pour des annonces spectaculaires sans contenu opérationnel.
En guise de synthèse, l’expert conclut que la faisabilité de l’accord proposé par Washington dépendra moins du discours politique que des détails pratiques — séquences, garanties et supervision. Sans ces éléments, la promesse d’un désarmement assorti d’un retrait israélien reste, selon lui, vouée à l’échec.
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Claire Leblanc est analyste économique passionnée par les tendances financières. Elle décode pour vous les enjeux du marché européen avec des analyses claires et accessibles.



