Le 29 avril dernier, Paris a accueilli la deuxième édition d’Impacts Santé, un congrès orchestré par La Tribune. Yannick Neuder, ministre de la Santé, était parmi les intervenants et a pris la parole en pleine période de tension avec les médecins.
Lors de sa présence à Impacts Santé, événement organisé par La Tribune et qui s’est déroulé à l’Hôtel des Arts et Métiers à Paris, Yannick Neuder, ministre de la Santé et de l’Accès aux soins, n’a pas manqué de réagir le jour même où des médecins manifestaient contre une loi proposée concernant leur installation. « Je sollicite un dialogue ouvert avec tous les professionnels de santé et les acteurs du secteur », a-t-il déclaré, pour trouver des solutions aux difficultés actuelles du système de santé français, incluant les déserts médicaux et les problèmes d’accès aux soins.
Il a souligné que « contrôler la pénurie de médecins en régulant cette même pénurie n’est pas la solution ». Cette remarque faisait référence à la proposition de Guillaume Garot, député PS de la Mayenne, qui vise à combattre les déserts médicaux. Notamment, l’article 1 de cette proposition permettrait à l’Agence Régionale de Santé (ARS) d’autoriser l’installation des médecins dans les zones où l’offre de soins est insuffisante. Neuder a précisé qu’il avait demandé le retrait de cet article, admettant que « le remède pourrait décourager les étudiants et s’avérer pire que le mal ».
Réforme globale du système de santé
Le ministre a insisté sur « notre responsabilité collective » en mentionnant les deux jours de travail mensuels que certains médecins effectuent dans les zones sous-dotées. Pourtant, Neuder envisage des changements plus profonds que la simple gestion des manifestations actuelles ou des déserts médicaux.
Il propose une révision complète du système, notamment en ce qui concerne l’organisation des hôpitaux et de la médecine de ville, appelant à un dialogue étendu. Selon lui, les problèmes actuels sont le résultat de « politiques antérieures » et il est crucial de les résoudre. Mais comment ?
Un nouveau décret pour le statut de docteur junior
En commençant par revoir le numerus clausus, remplacé en 2020 par un numerus apertus, qui n’a pas significativement augmenté le nombre d’étudiants en médecine. Neuder propose de « supprimer totalement le numerus clausus ». Bien que cela nécessite des universités plus grandes ou davantage de facultés de médecine pour accueillir plus d’étudiants, le ministre espère aussi attirer de retour les étudiants qui sont allés étudier à l’étranger.
Il envisage également de raccourcir la durée des études médicales grâce à la formation continue et à l’intégration du numérique et de l’intelligence artificielle dans le domaine de la santé. Il prévoit de clarifier, par décret avant l’été, le statut et la rémunération des maîtres de stage ainsi que des docteurs juniors (qui ont remplacé le statut d’interne senior en 2020).
« Des optimisations d’efficacité sont nécessaires »
Neuder, tout en évitant de préjuger des décisions du Parlement, exprime son souhait de ne pas voir des économies réalisées aux dépens de la santé dans le budget de 2026, même si des optimisations, y compris financières, sont nécessaires. Il déplore que, lors des débats à l’Assemblée, « la santé, qui est un sujet crucial pour les citoyens, soit utilisée comme un outil politique populiste ».
Il rejoint les préoccupations soulevées plus tôt lors d’Impacts Santé par Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales et de la Santé de 2012 à 2017, qui a critiqué les réductions dans la recherche, la science et l’aide internationale initiées par l’administration Trump, en affirmant que « la santé peut être dissoute dans le populisme ».
Actuellement présidente du Conseil d’administration d’Unitaid, une organisation internationale dédiée à l’accès aux médicaments, notamment pour les pays en développement, Marisol Touraine a exprimé ses inquiétudes concernant de nouvelles infections, notamment le VIH, et des remises en question au plus haut niveau, illustrées par les doutes du secrétaire américain à la Santé, Robert Kennedy, sur les vaccins. Neuder a insisté sur le fait que la France, patrie de Pasteur, doit promouvoir une position forte sur ces sujets au niveau européen et rattraper son retard, notamment en ce qui concerne le vaccin contre la méningite pour les jeunes en France. Il souligne également l’importance de ne pas négliger la prévention.
Enfin, un autre dossier crucial en France concerne la fin de vie. Le ministre actuel de la Santé insiste sur le fait que tous les patients devraient avoir accès aux soins palliatifs, bien que seulement la moitié en bénéficie actuellement. Il note que « dans la majorité des cas, un tel accès permet un renoncement à l’aide à mourir », tandis que l’ancienne ministre souhaite recentrer le débat « sur la très petite minorité de patients désirant cette possibilité ». Dans tous les cas, « avant de légiférer, il est crucial que les patients puissent s’exprimer et que les soignants aient un droit de conscience », conclut Neuder.
Lysiane J. Baudu
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Claire Leblanc est analyste économique passionnée par les tendances financières. Elle décode pour vous les enjeux du marché européen avec des analyses claires et accessibles.


