Menace de Tarifs Douaniers US: Comment l’UE Riposte avec Stratégie

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Par : Claire Leblanc

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Préparation de l’Union européenne à des mesures de rétorsion

L’Union européenne affûte ses outils de rétorsion face aux États-Unis, prêts à être utilisés si les discussions actuelles avec Washington ne portent pas leurs fruits. Lors d’une réunion qui s’est tenue jeudi, les pays membres de l’UE ont approuvé un plan de contre-mesures économiques qui pourrait atteindre jusqu’à 93 milliards d’euros. Cette initiative est une riposte directe à la décision de l’administration Trump d’appliquer des droits de douane de 30% sur toutes les importations provenant de l’Union européenne à partir du 1er août.

Le chiffre de 93 milliards d’euros correspond au total des biens américains qui pourraient être affectés par ces taxes. Cela représente environ 27% des exportations américaines vers l’Europe prévues pour 2024, selon les données du Conseil Européen. Deux listes de produits à taxer avaient été préparées au cours des derniers mois : une première liste de 21 milliards d’euros, déjà en place, et une seconde de 72 milliards d’euros. Ces deux listes ont été combinées pour former un seul ensemble de 93 milliards d’euros, que la Commission européenne est prête à mettre en œuvre, ciblant de nombreux produits tels que le soja, les avions et les automobiles.

Depuis le 2 avril, l’UE est déjà confrontée à des surtaxes américaines significatives : 50% sur l’acier et l’aluminium, 25% sur les automobiles et 10% sur d’autres produits. Ces droits pourraient donc augmenter jusqu’à 30%.

Sans un accord entre l’Europe et les États-Unis, les négociations restent incertaines. Le commissaire européen au commerce, Maros Sefcovic, devait discuter cette semaine avec son homologue américain Howard Lutnick, mais aucun détail n’a émergé de leur échange. Selon certaines sources diplomatiques, les États-Unis auraient proposé un droit de douane de base de 15%, avec certaines exemptions sectorielles qui n’ont pas encore été révélées.

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L’outil « anti-coercition »

Outre les 93 milliards d’euros de droits de douane réciproques, un autre type de riposte économique est envisagé. Le 22 juillet, la France a proposé à la Commission Européenne d’examiner l’utilisation potentielle de l’instrument anti-coercition : un ensemble de mesures non tarifaires mais très contraignantes telles que des restrictions à l’exportation, des limitations d’accès au marché intérieur, des exclusions des marchés publics européens, et des entraves aux investissements ou aux financements. Si approuvée par 15 États membres de l’UE représentant plus de 65% de la population, cette mesure prendrait plusieurs mois à être mise en place et s’ajouterait aux 93 milliards de droits de douane réciproques. Adoptée en octobre 2023 par une large majorité au Parlement européen (578 voix pour, 24 contre), cette disposition juridique permet à l’Union européenne de se défendre contre les pressions économiques jugées illégitimes.

En cas d’absence d’accord entre les deux parties et de l’application des droits de douane américains de 30%, la riposte européenne est prête à être déclenchée, ce qui pourrait également influencer les discussions finales.

Raphaël Melka

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