Testez à intervalles réguliers : Boostez votre mémoire à long terme !

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Par : Pierre Dupont

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Le dicton « la pratique rend parfait » souligne combien la répétition est cruciale pour maîtriser une compétence. Ce principe s’applique également à l’apprentissage du vocabulaire et d’autres matières. Pour combattre notre tendance naturelle à oublier, il est essentiel de réactiver régulièrement les informations dans notre mémoire. Mais, à quelle fréquence ?

La psychologie cognitive offre des réponses à cette interrogation. Il est aussi crucial de saisir les principes fondamentaux de l’apprentissage à long terme pour les mettre en œuvre de manière efficace et personnalisée.

L’effet de distribution

Deux principes fondamentaux régissent la mémorisation d’informations sur le long terme.

Premièrement, il est plus efficace de s’auto-interroger pour apprendre et réviser que de simplement relire les notes. Après chaque tentative de rappel des informations, il est important de revoir celles qui n’ont pas été récupérées.

Le second principe est celui de l’espacement des révisions dans le temps. Ce phénomène, connu sous le nom d’« effet de distribution », indique qu’il est préférable d’espacer les sessions de révision sur des périodes plus longues (par exemple, tous les trois jours) plutôt que sur des périodes plus courtes (tous les jours).

Réviser le matériel à de longs intervalles demande plus d’effort, car il est plus difficile de se rappeler des informations après trois jours plutôt qu’un. Cependant, c’est précisément cet effort qui renforce la mémoire et favorise la rétention à long terme.

En matière d’apprentissage, il faut donc se méfier de la facilité : se souvenir aisément d’une leçon aujourd’hui ne garantit pas de s’en souvenir dans un mois, même si cette facilité peut nous faire croire à tort qu’une révision n’est pas nécessaire.

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Robert Bjork de l’Université de Californie a créé le terme de « difficulté souhaitable » pour décrire un niveau optimal de difficulté entre deux extrêmes. Le premier extrême correspond à un apprentissage trop facile (et donc inefficace à long terme), tandis que l’autre extrême correspond à un apprentissage trop difficile (et donc décourageant).

Trouver le rythme adéquat

Il existe une limite au temps qui peut s’écouler entre les récupérations d’informations. Après un long délai, comme un an, les informations auront beaucoup diminué dans la mémoire et seront difficiles, voire impossibles, à rappeler. Cette situation peut générer des émotions négatives et nous obliger à recommencer l’apprentissage depuis le début, rendant nos efforts précédents inutiles.

Il est crucial d’identifier l’intervalle adéquat entre les récupérations, en veillant à ce qu’il ne soit ni trop long ni trop court. L’intervalle idéal varie selon plusieurs facteurs, tels que le type d’informations à apprendre ou l’historique de cet apprentissage. Certains logiciels éducatifs utilisent des algorithmes qui prennent en compte ces facteurs pour tester chaque information au moment « idéal ».

Il existe également des méthodes manuelles. La plus simple est de suivre un calendrier « expansif », qui utilise des intervalles de plus en plus longs entre les sessions. Cette technique est appliquée dans la « méthode des J », que certains étudiants connaissent peut-être. L’efficacité de cette méthode réside dans un renforcement progressif de la mémoire.

Lorsque vous apprenez quelque chose pour la première fois, la rétention est fragile et le contenu mémorisé doit être rapidement réactivé pour ne pas être oublié. Chaque récupération renforce la mémoire, permettant de retarder l’opportunité de récupération suivante. Une autre conséquence est que chaque récupération est modérément difficile, ce qui place l’apprenant à un niveau de difficulté « souhaitable ».

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Voici un exemple de calendrier expansif pour un contenu donné : Jour 1, Jour 2, J5, J15, J44, J145, J415, etc. Dans ce calendrier, la longueur de l’intervalle triple d’une session à l’autre : 24 heures entre le Jour 1 et le Jour 2, puis trois jours entre J2 et J5, et ainsi de suite.

Intégration progressive de nouvelles connaissances

Il n’existe pas de consensus scientifique sur l’horaire optimal des intervalles. Cependant, effectuer la première récupération le lendemain du moment initial d’apprentissage (donc, en J2) semble bénéfique, car une nuit de sommeil permet au cerveau de restructurer et/ou de renforcer les connaissances acquises la veille. Les intervalles suivants peuvent être ajustés en fonction des contraintes individuelles.

Cette méthode est flexible ; si nécessaire, une session peut être reportée de quelques jours avant ou après la date prévue sans affecter l’efficacité à long terme. C’est le principe de récupération régulière qui est clé ici.

L’emploi du temps expansif présente également un avantage pratique considérable, car il permet d’intégrer progressivement de nouvelles informations. Par exemple, un nouveau contenu peut être introduit en J3, car aucune session sur le contenu initial n’est prévue ce jour-là. Ajouter du contenu progressivement permet de mémoriser de grandes quantités d’informations de manière durable sans passer plus de temps à étudier.

L’autre méthode repose sur le système de boîte de Leitner. Dans ce cas, la longueur de l’intervalle avant la prochaine récupération dépend du résultat de la tentative de récupération d’informations de la mémoire. Si la réponse a été facilement récupérée, la prochaine récupération devrait avoir lieu dans une semaine. Si la réponse a été récupérée avec difficulté, alors trois jours doivent s’écouler avant le prochain test. Si la réponse n’a pas pu être récupérée, le prochain test doit avoir lieu le lendemain. Avec l’expérience, vous serez en mesure d’ajuster ces intervalles et de développer votre propre système.

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En résumé, un apprentissage efficace et durable nécessite non seulement un certain effort pour récupérer l’information de la mémoire, mais aussi une répétition régulière de ce processus, à des intervalles appropriés, pour contrer le processus d’oubli.

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