Impôts, Bourse, Budget, Musk, Russie : L’Empire Trump est-il en déclin ?

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Par : Claire Leblanc

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En moins de trois mois au pouvoir, Donald Trump a déjà semé la confusion parmi les marchés financiers, les corporations et 175 nations.

Le ciel s’assombrit au-dessus de Washington. Les premiers tonnerres retentissent. Donald Trump, quelques heures après l’activation des droits de douane mutuels, a dû rapidement les suspendre et faire une rare confession publique. Les nations alliées, qu’il accusait encore mardi soir de lui « faire des courbettes » lors d’un dîner avec le Parti républicain, ont dû être interloquées par cette volte-face.

« Il est nécessaire d’être flexible », a expliqué le président américain mercredi lors d’une interaction avec les journalistes à la Maison-Blanche, admettant que son annonce retentissante sur un large bombardement douanier la semaine précédente avait « effrayé » les investisseurs et les avait laissés « nerveux ». « Je gardais un œil sur le marché des obligations. C’est complexe », a-t-il ajouté, marquant un moment significatif.

Confrontation financière et politique

Au-delà des tarifs douaniers, une tension palpable s’est installée dans les sphères d’affaires, qui détestent l’incertitude permanente, et à Wall Street, qui abhorre la constante anxiété. À mesure que l’administration Trump annonçait des droits de douane contre le Canada, le Mexique, l’acier, l’aluminium et d’autres, les indices de marché ont subi de fortes fluctuations, le Nasdaq ayant perdu plus de 7 % depuis le début de l’année, exacerbant les tensions dans la nation de l’oncle Sam.

Cependant, la tempête ne reste pas confinée aux finances. Elle prend également une tournure politique. Ces derniers jours, Elon Musk, souvent vu comme le pendant économique de Donald Trump, n’a pas hésité à exprimer son désaccord sur les droits de douane mutuels. Partisan du libre-échange « entre l’Europe et les États-Unis », le directeur de Tesla, Elon Musk, a même traité le conseiller commercial Peter Navarro de « idiot » et de « stupide ». Son erreur ? Avoir déclaré que Tesla « n’était pas un constructeur automobile » mais juste un « assembleur ».

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La semaine dernière, l’élection d’une juge progressiste au Wisconsin a contrarié la Maison-Blanche, et c’est désormais sur l’aile la plus extrême de ses partisans que Donald Trump est menacé. Des législateurs républicains au Congrès, partisans de réductions encore plus drastiques des dépenses publiques américaines, ont menacé mercredi de bloquer une résolution budgétaire fortement souhaitée par le président, qu’il considérait comme un moyen de financer rapidement certaines de ses initiatives clés.

De la politique domestique à la diplomatie internationale, il n’y a qu’un pas. Dans ce domaine aussi, le climat est loin d’être clément. Outre les tensions avec le Canada, le Danemark, et Panama (sans oublier une taxe de 50 % imposée à Saint-Pierre-et-Miquelon), un affrontement direct avec la Chine se profile, ce pays étant le seul à avoir « bénéficié » d’une taxe réciproque de 125 %. Ajoutez à cela l’impasse à Gaza et la « fausse paix » en Ukraine, ce qui est perçu avec satisfaction à Moscou. Malgré les multiples annonces de la Maison-Blanche, Vladimir Poutine ne semble pas pressé de s’engager dans un processus quelconque. Mais là aussi, comme le reconnaît Donald Trump, « il faut être flexible ».

Ludovic Desautez

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